Kyunghee Kim
Regard gastronomique

Cuisine, vin et réflexion — entre la Corée et la France

Art de vivre coréen :  Bulamsa (불암사) — Un printemps sous les lanternes

Le jour de la naissance de Bouddha, le temple Bulamsa, au pied du mont Bulamsan, était recouvert de milliers de lanternes.

Les cours, les escaliers et les chemins du temple se paraient de rose et de rouge, contrastant avec le vert profond de la montagne.

Sous les lanternes, des familles se promenaient, des fidèles priaient et des visiteurs observaient simplement le spectacle.

Aucune agitation.

Aucune solennité excessive.

Seulement une forme de calme partagé.

Les participants à la cérémonie avançaient lentement sous les lanternes.

Les couleurs des hanbok (한복) répondaient à celles des lanternes suspendues au-dessus de la foule.

Les lanternes portaient des noms, des souhaits et des espoirs.

Santé, paix, famille, bonheur.

Derrière chaque papier suspendu se dessinait une histoire silencieuse.

Plus loin, un Bouddha sculpté dans la roche rappelait le lien étroit entre le bouddhisme coréen et la nature.

Ici, la montagne ne constitue pas un simple décor.

Elle fait partie du temple lui-même.

Chaque flamme semblait porter une prière discrète.

Les lanternes blanches portaient elles aussi des vœux écrits à la main.

Malgré les différences d’époque et de génération, les souhaits demeurent souvent les mêmes.

Le silence occupait naturellement l’espace.

Les visiteurs s’arrêtaient quelques instants avant de reprendre leur chemin.

À l’écart des célébrations apparaissaient les jarres de fermentation.

Elles rappellent que la gastronomie coréenne ne se résume pas à ce qui arrive dans l’assiette.

Elle naît aussi du temps, des saisons et d’une relation attentive à la nature.

Les sauces fermentées, le kimchi et de nombreux aliments emblématiques de la Corée sont le résultat de cette patience.

Une patience que l’on retrouve dans les temples, dans les montagnes et dans certains gestes transmis de génération en génération.

Cette journée à Bulamsa n’évoquait pas seulement une fête religieuse.

Elle révélait une autre facette de l’art de vivre coréen.

Sous les lanternes, le temps semblait ralentir.

Il suffisait alors de marcher, regarder et écouter le silence de la montagne.

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