Kyunghee Kim Regard gastronomique

Cuisine, vin et réflexion — entre la Corée et la France

La paix intérieure

commence au moment où l’on se comprend soi-même.

Il arrive que le cœur vacille,

sans que l’on sache vraiment pourquoi,

comme si quelque chose se serrait au fond de soi.

Ce sont des jours où l’on ressent, dans le corps,

que le monde ne suit pas toujours le cours

que l’on avait imaginé.

Alors, parfois, une pensée traverse l’esprit :

en passant simplement dans la vie,

l’être humain peut laisser

des blessures autant que des joies,

pour lui-même comme pour les autres.

Accepter ce processus n’est pas facile.

Mais avec le temps,

le cœur se relâche peu à peu.

Il arrive aussi que la vie

pèse sur l’esprit

par des choses que l’on ne peut choisir.

Des situations inattendues,

des événements difficiles à comprendre.

Et pourtant, l’ampleur de la souffrance

que ces moments provoquent

dépend souvent de l’espace

que le cœur est capable d’accueillir.

Dans les relations,

l’être humain découvre parfois qui il est.

Mais le moi que les autres voient

n’est qu’une image façonnée

par leur regard.

Le moi que l’on voit soi-même

se forme également

à travers ses propres critères.

Rester centré malgré les secousses

et mûrir peu à peu.

Peut-être est-ce là

la direction d’une vie.

Les paroles et les gestes des autres

peuvent parfois troubler le cœur,

mais on tente alors

de retrouver son centre.

Ce chemin est lent,

et parfois difficile.

Pourtant, au fil de ce temps,

le monde se laisse comprendre

un peu mieux,

et l’on apprend aussi

à se connaître.

Même les parts de soi

que l’on n’arrive pas entièrement à accepter

finissent peu à peu

par devenir une partie de soi.

Ne pas atteindre

la perfection définie par le monde

n’est peut-être pas si grave.

Pouvoir garder son centre

même en vacillant.

La vie ressemble

à un vin qui mûrit longuement.

Au début, elle peut être rugueuse

et déséquilibrée.

Mais avec le temps,

elle développe sa propre profondeur

et son parfum.

De même qu’un vin

ne mûrit pas plus vite

parce qu’on le presse,

l’être humain aussi

se comprend peu à peu

au fil du temps.

Le jugement des autres

n’est que l’image

qu’ils perçoivent.

Ce n’est jamais l’être tout entier.

Traverser les expériences

et faire des choix,

puis sentir que l’on mûrit peu à peu —

cela peut déjà suffire.

Peu importe

comment les autres nous regardent

ou quelles difficultés surgissent.

Ce qui façonne

la texture d’une vie

est la manière

dont on s’accueille soi-même

et dont on continue à grandir.

Ainsi la vie

mûrit lentement.

Rugueuse et imparfaite peut-être,

mais portant chacune

sa propre profondeur

et son propre parfum.

Château Latour 2011, Pauillac.

Un vin de temps et de profondeur.

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