Kyunghee Kim | Regard Gastronomique

La gastronomie coréenne et française, le vin et les récits culinaires

Vivre, peut-être, ressemble à un acte de choix des sensations.

Dans le monde, il existe une multitude d’aliments et d’ingrédients,

mais il n’existe probablement aucune saveur

qui soit entièrement inutile à l’être humain.

Le sucré, l’acide, l’amer, le piquant, le salé.

Ces cinq saveurs que la langue perçoit

sont peut-être aussi les petites matières

qui composent une vie.

Parmi elles, le sucré

apaise les cœurs fatigués

et les enveloppe avec douceur.

Comme un parfum chaud,

il nous fait marquer une pause

et nous redonne la force de nous relever.

Ainsi, le sucré n’est peut-être pas

quelque chose qu’il faudrait supprimer,

mais plutôt une saveur

qu’il faut apprendre à accueillir

au bon moment et de la bonne manière.

Lorsque la douceur d’un fruit

est pleinement goûtée le matin,

il arrive que l’on ne ressente plus,

au cours de la journée,

le besoin de chercher d’autres douceurs.

Mais le sucré possède aussi

un autre visage.

Il peut apaiser l’esprit,

mais il peut aussi, à certains moments,

émousser les sensations

et laisser un désir étrange

qui nous pousse à le rechercher encore.

Comme beaucoup de plaisirs dans la vie,

la douceur elle aussi

peut devenir réconfort ou excès

selon le moment

et la mesure avec laquelle on l’accueille.

L’être humain a besoin

de toutes les saveurs.

Ce qui importe vraiment,

c’est peut-être

de savoir quand,

combien

et comment les choisir.

Sans excès,

au moment juste,

dans la mesure qui convient.

Dans cet équilibre,

le corps s’apaise peu à peu,

et les sens trouvent doucement leur place.

Tout comme on choisit une saveur

selon le moment et l’équilibre,

la vie elle aussi

se construit peu à peu

à travers les choix vers lesquels

nous nous orientons.

Et alors, une pensée apparaît.

Plutôt que d’éviter ce que l’on n’aime pas,

vivre en laissant grandir,

peu à peu,

ce que l’on aime.

Car les choix deviennent peut-être

plus libres

lorsqu’ils naissent de l’abondance

plutôt que du manque.

La question n’est peut-être pas

« Que faut-il retenir ? »

mais plutôt

« Qu’est-ce que je veux aimer davantage ? ».

Peut-être est-ce ainsi

que la direction d’une vie

se transforme silencieusement.

Dans la cuisine aussi,

on retrouve quelque chose de semblable.

Le sucré, l’acide, l’amer, le salé, le piquant.

Ces cinq saveurs

dépassent la simple sensation de la langue

et deviennent parfois

une métaphore discrète

des émotions et de l’expérience humaine.

Le sucré évoque le réconfort,

l’acide l’éveil,

l’amer la réflexion,

le salé la réalité,

le piquant la libération.

Ainsi, la journée elle aussi

pourrait trouver son équilibre

à travers ces cinq sensations.

Le matin,

le sucré et l’acide

éveillent le corps.

À midi,

le salé accompagne

le rythme du réel.

Le soir,

le piquant

délie les tensions de la journée.

Et parfois,

l’amertume elle aussi

devient une sensation profonde

qui invite à regarder sa vie.

Lorsque l’équilibre des saveurs apparaît,

le corps ne ressent plus

le besoin pressant

de chercher des douceurs artificielles.

La vie, peut-être,

ressemble à cela.

Observer en soi

quelle saveur est nécessaire

au moment présent

et choisir de vivre ainsi,

avec douceur et conscience.

Peut-être est-ce là

une manière

de regarder la vie avec soin.

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