Kyunghee Kim | Regard Gastronomique

La gastronomie coréenne et française, le vin et les récits culinaires

Il arrive parfois que l’on demeure

dans la compassion envers soi-même,

portant en soi mille raisons.

Ces récits,

à certains moments semblent réels,

et à d’autres

résonnent comme de silencieuses justifications.

Pourtant, au cœur de ces histoires

demeurent des blessures anciennes

et une solitude

que l’on peine à nommer.

La compassion envers soi-même

se présente d’abord

comme une consolation douce.

Comme la douceur d’un vin

qui se déploie un instant en bouche

avant de disparaître,

ce sentiment enveloppe brièvement le cœur.

Mais lorsque cette douceur s’efface,

ce qui demeure

est peut-être

une légère amertume

qui persiste quelque part.

Il arrive souvent

que l’on se laisse porter

par ces récits qui murmurent :

« C’est peut-être pour cela

que les choses se sont ainsi déroulées. »

Et lorsque ces histoires

s’accumulent silencieusement

au fil du temps,

elles révèlent peu à peu

jusqu’où un être humain

peut être indulgent envers lui-même,

et en même temps

jusqu’où il peut aussi

se maintenir attaché.

En observant ainsi

sa propre compassion,

il arrive que l’on ressente aussi

la compassion

au moment où l’on regarde les autres.

La compassion

ne porte pas toujours

le même visage.

Parfois, elle se tourne vers soi.

Parfois, vers autrui.

Mais ce regard

ne reflète pas toujours

la vie de l’autre

telle qu’elle est réellement.

Il arrive que l’on observe

la vie des autres

à travers les repères

du monde que l’on connaît.

Ainsi, la compassion

devient parfois

moins une compréhension de l’autre

qu’un miroir

du monde que l’on porte en soi.

C’est peut-être pour cela

que certaines personnes,

plus elles sentent

l’inquiétude dirigée vers elles,

plus elles réduisent leurs paroles.

Une compassion

qui n’est pas véritablement comprise

peut fermer le cœur

plutôt que l’ouvrir.

La compassion

est peut-être

un sentiment très délicat.

Lorsqu’elle est offerte

sans vraiment connaître

la vie de l’autre,

elle peut, au lieu de consoler,

toucher silencieusement

quelque chose de fragile.

Peut-être est-elle alors

plus proche

d’un regard posé avec douceur

avant tout jugement.

Lorsque nous parvenons

à regarder la vie des autres

telle qu’elle est,

alors peut-être

que la compassion

peut demeurer sans blesser.

Et peut-être aussi

qu’à partir de cet instant,

l’être humain

commence de nouveau

à marcher vers la lumière.

Château Montrose 2013, Saint-Estèphe

Un vin dont la lumière se révèle au fil du temps.

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