Kyunghee Kim | Regard Gastronomique

La gastronomie coréenne et française, le vin et les récits culinaires

La vie est une succession de choix.

Même lorsque les jours ne suivent pas le cours espéré,

ce sont les décisions infimes — ce que l’on ajoute, ce que l’on retire —

qui finissent par dessiner la trame d’un être.

Comme un plat qui s’accomplit lentement sur le feu,

un jour ne naît pas de l’improvisation,

mais de la température des choix et du temps qu’on leur accorde.

Vivre la journée à sa manière,

laisser derrière soi une histoire, si petite soit-elle,

et chercher peu à peu sa propre saveur.

Il n’existe aucune recette définitive pour vivre.

Parfois l’assaisonnement est incertain,

parfois le feu est trop vif et brûle.

Mais l’absence de réponse unique rend plus attentif,

et les hésitations approfondissent l’arôme.

Ces choix se révèlent aussi dans les relations.

Avec le temps, une évidence apparaît :

l’amour n’est pas le nom d’une émotion ardente,

mais l’attitude qui cherche à comprendre la texture de l’autre.

En apprenant à lire la température cachée derrière les mots et les gestes,

on découvre qu’il y a une raison au sel,

une histoire derrière l’amertume.

Au lieu de vouloir transformer,

accueillir la saveur telle qu’elle est

adoucit peu à peu les liens.

Ne pas laisser la culpabilité mariner les cœurs,

ne pas ajouter du sel sur les blessures,

mais choisir d’être, comme un bouillon tiède,

une présence qui enveloppe.

Ainsi la vie trouve lentement son équilibre.

Un jour se compose de ces instants —

de choix, de nuances, de textures sensibles.

Ne pas attiser le feu excessivement,

ne pas le laisser s’éteindre non plus,

mais garder la juste température.

Et regarder chaque moment

sans précipitation —

Peut-être est-ce là

la manière la plus délicate

de façonner un jour.

kyunghee Kim

Regard Gastronomique

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