Kyunghee Kim | Regard Gastronomique

La gastronomie coréenne et française, le vin et les récits culinaires

Il semble que chacun naisse avec une lumière qui lui est propre.

Cette lumière n’est pas éclatante comme le soleil.

Elle ressemble plutôt à celle qui demeure près d’une fenêtre en fin d’après-midi,

effleurant doucement la surface des choses.

Chez certains, elle se diffuse largement.

Chez d’autres, elle éclaire longtemps les profondeurs.

Invisible parfois,

elle est pourtant déjà là.

Même une vigne, au sein d’un même terroir,

ne mûrit pas au même rythme

selon la durée du soleil et la texture du vent.

Ainsi, dans une même époque,

chacun porte une température, une trame, une intensité différentes.

Ce qui m’est léger

demande à d’autres un long souffle pour se tenir.

Le talent naturel d’autrui

peut me sembler une hauteur difficile à atteindre.

Le vin en témoigne également.

Certaines bouteilles, dès l’ouverture du bouchon,

libèrent un parfum lumineux.

D’autres, dans le verre,

lentement, très lentement,

révèlent leur texture intime.

L’intensité n’est pas la preuve de la profondeur,

et la délicatesse n’est pas un signe d’insuffisance.

Il s’agit simplement d’une autre trame,

d’un autre équilibre.

Certains éclairent largement le monde.

D’autres illuminent profondément le cœur d’une seule personne.

La direction de leur lumière diffère,

sans être moindre ni supérieure.

Peut-être que la maturité consiste à porter un regard

qui n’évalue pas la lumière d’autrui,

à laisser chaque clarté exister sans la mesurer à nos propres critères.

Alors, nous comprenons.

Qu’aucune lumière n’est insignifiante.

Que l’existence, en elle-même, est déjà suffisante.

Et lorsque nos lumières se reflètent les unes les autres,

la nôtre devient, doucement,

plus claire —

plus consciente d’elle-même.

Kyunghee Kim

Regard Gastronomique

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